L'estime de soi
L’estime de soi se bâtit au fil du temps. Il y a plusieurs choses à prendre en compte quand on parle de la perception de sa valeur. Certains ont tendance à se juger sévèrement, d’autres sont plus bienveillants envers eux-mêmes. Avoir une estime de soi saine et ajustée ne passe ni par l’obsession de soi, ni par l’excès de modestie. Une estime de soi solide peut être source de bien-être et d’épanouissement, à contrario une estime de soi fragile peut générer de la souffrance et affecter nos relations.
Qu’est-ce que l’estime de soi ?
C’est l’évaluation qu’une personne fait de sa propre valeur, c’est une question de mesure et d’équilibre. S’estimer, c’est se sentir digne de respect, se défendre contre le manque de respect donc quand on y est confronté. Cela inclut également notre perception des jugements des autres sur soi, cela se manifeste à travers nos émotions (fierté/honte), nos comportements (s’effacer/s’affirmer) et nos pensées (positives/négatives). Avoir une bonne estime de soi c’est se considérer positivement, ce qui permet d’agir.
Une faible estime de soi peut augmenter les risques de développer des problèmes d’anxiété, de dépression, et d’affecter le fonctionnement social. Le sentiment de ne jamais se sentir à la hauteur, de ne pas se reconnaitre de qualités, de mettre toujours l’accent sur ce qui a été raté, pas fait, mal fait, etc., de se dévaloriser (critique intérieure forte).
Comment se construit l’estime de soi ?
Durant l’enfance, pendant ses premières années de vie, l’enfant reçoit des informations sur lui de la part de son entourage immédiat, cet entourage agit un peu comme un miroir. Pour se sentir une personne « significative », il faut d’abord s’être senti une personne importante aux yeux de ceux qui nous ont élevés donc. Beaucoup de théoriciens de la petite enfance comme Winnicott, Anna Freud ou Bion, ont senti que cette capacité ne s’acquerrait que dans les interactions personnelles, dans le regard, dans la compréhension et la réaction de l’autre à ce qui vient du bébé.
La qualité et la stabilité de la relation d’attachement entre l’enfant et ses parents va donc moduler son estime personnelle. Une relation stable et sécurisante permettra à l’enfant de se sentir soutenu et aimé, son estime s’en trouvera alors consolidée. A contrario, s’il y a incohérence, froideur, instabilité voir rejet, maltraitance de la part du parent, l’enfant ne pourra pas s’appuyer sur ce lien totalement pour se sentir « valable ». Le tempérament de l’enfant peut aussi influencer le développement de son estime personnelle.
Après l’enfance, plusieurs phénomènes sont susceptibles d’affecter le développement de l’estime de soi en construction. Le rejet, l’intimidation, les humiliations peuvent faire des dommages (harcèlement, etc.). La dictature de l’image (réseaux sociaux et autre), l’ultra-compétition, peuvent être dangereuses quant à l’équilibre psychique également.
Dans la vie d’adulte, des relations authentiques et soutenantes contribuent à un bon équilibre de l’estime de soi. Des relations négatives ayant l’effet inverse. La vie comportant son lot d’expériences positives et négatives, d’échecs, de réussites également.
Quelles sont les manifestations d’une estime de soi fragile et comment augmenter son estime de soi ?
Une mauvaise estime de soi favorise l’inhibition, le doute envahissant et bloquant le mouvement (difficultés d’action). Cela favorise également les sentiments de frustration, le sujet ayant des difficultés aux changements (impression de ne pas vivre la vie qu’il voudrait). La soumission plus insidieusement, incitant à accepter une situation désastreuse, relation destructrice, etc. Cela peut aboutir à ne plus se donner une valeur suffisante pour être en capacité à changer, conduisant à accepter l’inacceptable. Dans les relations amoureuses, la dépendance affective importante est une des manifestations du manque d’estime de soi par exemple (penser avoir de la valeur que parce que quelqu’un est supposé en donner).
L’estime de soi n’est cependant pas innée, elle est à conquérir, elle est fluctuante, elle est un travail permanent. Rien ne peut changer sans ancrage et confrontation à la réalité. Le chemin vers la (re)construction de l’estime de soi peut être long mais rien n’est impossible.
L’accompagnement par un thérapeute est parfois nécessaire si la route semble trop laborieuse.