L’hypersensibilité
Maurice Barthélemy dans son ouvrage « Fort comme un hypersensible » dit :
« L’hypersensibilité est une grande richesse. Elle nous permet d’être passionnés, intéressés par les autres, et d’avoir une grande exigence à l’égard de nous-mêmes. C’est une chance. Mais elle est compliquée à vivre. »
L’hypersensibilité désigne donc une sensibilité plus haute que la normale, un trait de caractère qui peut rendre la vie plus compliquée ? On en entend parler de plus en plus, que ce soit dans la sphère personnelle ou professionnelle. Beaucoup considèrent les hypersensibles comme « à fleur de peau », « susceptibles », « à vif », etc.
L’hypersensibilité n’est pas une pathologie, elle est innée à l’identité et se manifeste de différentes façons tout au long de la vie.
Quels sont les différents types de sensibilité accrue ?
L’hypersensibilité émotionnelle
Il s’agit du fait de réagir fortement aux stimuli émotionnels car on appréhende le monde à travers ses émotions, les ressentis et perceptions sont décuplés.
L’hypersensibilité sensorielle
Elle peut atteindre tous les sens. Le toucher, par exemple, c’est être « à fleur de peau ». L’olfaction, avec une sensibilité extrême aux odeurs, peut être très gênante. L’audition, cela peut engendrer une intolérance à certains sons (hypersensibilité auditive). La vue peut entraîner une intolérance à la lumière forte, etc.
L’hypersensibilité sentimentale
Les personnes hypersensibles sont beaucoup dans l’affect, particulièrement sensibles à ce qui se passe dans la relation.
L’hypersensibilité intellectuelle
Les personnes hypersensibles peuvent passer beaucoup de temps à réfléchir, voire à ruminer. Bien souvent, elles doutent beaucoup (manque de confiance en soi).
L’hypersensibilité se déclenche tout de suite ou peut être retardée, faisant écho à un évènement passé enfoui éventuellement.
C’est quoi l’hypersensibilité ?
Selon Elaine Aron, psychologue américaine, 15 à 20 % de la population serait constituée de personnes PHS (Personnalité Hautement Sensible). Si les personnes PHS sont plus sensibles aux stimulations sensorielles, elles le sont aussi aux subtilités de l’environnement. Ces personnes peuvent être plus empathiques, réceptives aux autres. Elles peuvent être de véritables éponges émotionnelles, tout pouvant les réjouir ou les attrister, ce qui génère de l’anxiété, du stress, voire de l’épuisement parfois.
Les hypersensibles décodent, perçoivent et vivent leur rapport aux autres et au monde avec un filtre très mince, parfois même inexistant (forte intuition souvent). En termes freudiens, elles refoulent peu ce qu’elles ressentent, c’est pourquoi elles y accordent forcément de l’importance. Difficultés à prendre de la distance donc spontanément, avec des réactions parfois considérées comme disproportionnées (susceptibilité) rendant une vie sereine parfois compliquée à atteindre. Un geste, une parole a priori anodine peut aussi affecter une PHS qui peut réagir avec force, se renfermer, etc.
Pour Maurice Barthélemy dans « Fort comme un hypersensible » : « Vivre au présent n’a l’air de rien. Mais pour un hypersensible c’est un exercice très difficile : il fonctionne par anticipation. Très prévoyant, il appréhende le futur mais regrette aussi le passé. L’hypersensible prépare à l’avance plutôt que d’être pris au dépourvu. Il met en place une organisation sur laquelle il se repose. Tout est bordé, pas d’imprévus, garanti sans angoisses ».
Et pourquoi pas une prise en charge ?
Lorsque l’hypersensibilité fait souffrir, pourquoi ne pas entamer une démarche pour atténuer cela ? Bénéficier d’une écoute bienveillante et active des besoins émotionnels et physiques permet de prendre un peu de distance avec ses émotions, réactions, actions inhérentes.
La sensibilité est comme le renard du Petit Prince : elle ne demande qu’à être apprivoisée…
Comme je dis souvent à mes analysants hypersensibles, l’hypersensibilité est très certainement difficile à vivre, mais c’est ce qui fait notre humanité !