La souffrance au travail
Le travail a depuis toujours engendré d’éventuelles et diverses difficultés, mais ces dernières années de nombreuses études tendent à démontrer que les conditions de travail se sont parfois bien dégradées (liées à la surcharge, la compétition, l’interchangeabilité, l’individualisme, le manque de sens, etc). De profondes mutations du monde du travail sont également en cours.
Du mal-être, des frustrations diverses … le burn-out est également en recrudescence, c’est une maladie grave qui nécessite un arrêt de la course effrénée, une protection, un soin adapté.
Le stress est « normalisé », tout le monde est stressé, il n’en est pas moins dangereux parfois. Le rapport au temps est également à interroger ? Quand on parle de risques psychosociaux, ce qui regroupe stress, harcèlement moral, épuisement professionnel, conflits relationnels, violence, on aborde des notions diverses certes mais qui ne sont pas indépendantes souvent les unes des autres car elles ont à leur source les mêmes facteurs organisationnels ou psychosociaux.
La souffrance au travail est parfois aussi le reflet de difficultés intra psychiques : tendance à se mettre trop la pression, à trop douter, perfectionnisme, à remettre à plus tard, sentiment de contrainte, difficultés relationnelles, sensibilité, inhibition, etc.
Le stress chronique
Bien avant le stress au travail, on trouve de petites plaintes qui peuvent paraître anecdotiques et que l’on pourrait trop vite attribuer à la fragilité des personnes… Le stress chronique apparait quand la personne trop confrontée à des contraintes ne semble plus avoir de ressources à mobiliser. L’exposition au stress en continu est très nocif pour la santé physique et psychologique.
Entre manifestations somatiques (maux divers : tête, dos, troubles digestifs, cutanés) et symptômes émotionnels (de l’irritabilité aux symptômes dépressifs), en passant par les troubles cognitifs (difficultés de concentration, de mémoire, rumination) ou certains symptômes comportementaux (troubles du sommeil, alimentaires, addictions), il s’agit de repérer alors les facteurs de stress dans la vie personnelle et professionnelle.
L’épuisement professionnel
Il est causé par l’implication à long terme dans des situations émotionnellement exigeantes. Il peut générer une fatigue intense (physique et psychique) avec perte de désir et aussi de plaisir dans les activités de tous les jours. Il peut générer une tendance forte au désinvestissement également (sentiment d’incompétence, souci d’estime de soi), un sentiment de vide intérieur, de fonctionner mécaniquement…
Une prise de conscience la plus rapide possible de ces états (ne pas mésestimer, ne pas banaliser) permet de chercher des solutions pour s’en sortir…
Le harcèlement moral
Il est juridiquement caractérisé par quatre critères : atteinte à la dignité (moqueries, dévalorisation), répétitivité, dégradation de la santé psychique et mentale (anxiété dépression), dégradation des conditions de travail (manque d’informations, mise au placard).
Les plaintes fréquentes sont le manque de dialogue, la solitude, la peur et la dureté des relations, l’absence de reconnaissance, la perte de sens. C’est une situation traumatique, destructrice, importante à détecter pour être rapidement prise en charge.
Que faire pour sortir du mal être au travail ?
La souffrance au travail est un motif de consultation fréquent au sein de nos cabinets de psychothérapeutes. Au-delà de la fonction alimentaire, le travail donne sens à notre existence, il est important pour notre équilibre psychique.
La souffrance au travail a des répercussions importantes sur le sujet qui souffre, mais aussi sur son entourage. À une époque de perte de repères, il peut être tentant de chercher à « se définir » par son travail également, on espère que l’épanouissement qu’on ne trouve pas à l’extérieur viendra d’une réussite professionnelle (surinvestissement ? manque de recréation ?).
La psychothérapie va permettre de traiter les causes de la souffrance, après identification des difficultés (contingences extérieures et/ou difficultés psychiques, s’articulent-elles et comment ?), de prendre du recul, de prendre des décisions, d’arrêter de souffrir.
Si la souffrance au travail est difficile à supporter, elle n’est pas non plus une fatalité.